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Du code à la transition : investir 2 heures pour gagner des années d'avance

06/05/2026

Du code à la transition : investir 2 heures pour gagner des années d'avance

Un ingénieur en quête de création de valeur globale


Cyril a derrière lui vingt ans de métiers informatiques — du développement logiciel au marketing technique d'offres produits logiciels. Un parcours solide, piloté par la création de valeur économique. 

 

Jusqu'au moment où, "Je me suis beaucoup questionné sur la création de valeur que je portais."


Ce questionnement l'amène à suivre un master en management de la transition écologique et solidaire — non pas pour tourner le dos à la création de valeur, mais pour l'élargir. 


Aujourd'hui consultant en transition écologique, il accompagne entreprises et collectivités avec une conviction centrale : "Comment vous accompagner pour créer de la valeur qui va être pérenne dans le temps ?"


Sa posture de consultant est claire : donner des outils, pas des réponses. "Que mes clients puissent s'équiper et devenir autonomes sur le sujet, autant sur des décisions structurantes pour un comité de direction que sur des décisions vraiment métier."

 


La découverte : le FSSD comme cadre unifiant


C'est en toute fin de master, après deux ans d’enseignements sur les conséquences des activités humaines, que Cyril découvre le FSSD. Et là, le déclic.


"Ce cours sur le FSSD a relié tous les apprentissages autour de nos activités humaines, de leurs conséquences écologiques et sociales pour remonter à un cadre de réflexion qui permet d’agir à la source des problèmes, tout en intégrant l’angle économique."


Le FSSD ne s'est pas présenté à lui comme un outil supplémentaire. Il est arrivé comme un cadre unifiant, qui fait tenir ensemble une diversité d’expertises sur à la fois les impacts et les solutions. "Cela fait vraiment le lien avec les nombreuses disciplines étudiées pendant ces deux ans."

 


L'angle carbone : nécessaire, mais insuffisant


Avant le FSSD, Cyril avait attaqué la transition par là où beaucoup commencent : le carbone. Ingénieur dans l'âme, il s'est plongé dans les données, les calculs, les graphiques. "Je me suis rendu compte que j'avais un savoir, je pouvais faire des calculs et rendre une copie. Mais ce n’était pas suffisant comme angle d'attaque."


Ce qu'il a trouvé : la prise de hauteur. "Attaquer par l'angle carbone, ça adresse uniquement ce sujet-là. Avec le FSSD, on enlève les œillères. J'ai perçu un potentiel pour remonter à la source des problèmes concrets."


Ce changement de perspective change tout. "Quand on s'attaque à la source, on adresse plein de conséquences à la fois. C'est beaucoup plus stimulant et concret. Et le savoir se diffuse dans les équipes au lieu de rester dans les mains d'un expert."

 


Un atelier pour rendre ça concret en deux heures


Pour opérationnaliser cette conviction, Cyril a créé l'atelier CAP (Cap vers des Activités Pérennes) — deux heures, un cas concret, un public qui repart avec une grille de lecture activable dans son métier.

 

Point d'entrée : une tasse de café. "On découvre l'aspect multidimensionnel, bien au-delà du climat, des impacts de nos activités avec un simple produit de grande consommation."


Puis vient la bascule : passer des impacts aux causes, avec les 8 conditions du FSSD comme prisme.

 

Les participants expérimentent directement sur un cas pratique : La palettisation de produits industriels — ce film plastique qui enrubanne les palettes et que l’on retrouve à beaucoup d’endroits. Cyril fait manipuler des Lego, du film cellophane. Concrètement. "Les participants voient comment le prisme par l'impact est très réducteur quand on attaque un problème. Avec cette grille de questionnement, ils arrivent à un diagnostic beaucoup plus complet."

 

Le résultat : des solutions plus diverses, plus pérennes. " On sécurise ses décisions car on sait où on veut aller."

 

 

Les participants repartent "enchantés" selon ses mots — certains avec une volonté de creuser dans leur propre contexte.

 


Ce qu'il dirait à ceux qui hésitent à s’outiller « d’une autre démarche » 


"Je recommanderais de venir « perdre » une ou deux heures à découvrir la méthode car c'est gagner peut-être des années d'avance sur son business. C'est gagner en sérénité dans ses choix. Et c'est créer de la valeur globale en sécurisant une pérennité économique."

 

 

 

Et si le FSSD était cette source que vous cherchez pour irriguer durablement vos pratiques professionnelles ?

 

Et si vous choisissiez de vous former ou d'être accompagné par les praticiens FSSD-Players ?

 

 

 

 

Exit les référentiels à 300 critères : le FSSD pour analyser et décider à la source

28/01/2026

Exit les référentiels à 300 critères : le FSSD pour analyser et décider à la source

Un parcours atypique au service d'un monde plus juste


À 58 ans, Pierre Gérard incarne la richesse des parcours professionnels non linéaires. Ingénieur agricole de formation, journaliste pendant dix ans, puis banquier pendant dix-huit ans, il a créé en 2020 son entreprise de conseil "Regards Mêlés". Un nom qui résonne avec son histoire personnelle mais surtout avec sa philosophie : mélanger les matières, les sujets et les points de vue pour révéler un monde plus juste et vivable.

 

Sa mission aujourd'hui ? Aider les équipes et les organisations à intégrer les enjeux de transition environnementale et sociale au cœur de leur activité « pour éviter de se prendre le mur des perturbations qui s'annoncent », explique-t-il avec conviction.

 

 

 

La découverte du FSSD : chercher l'unification entre environnement et social


Pierre découvre le Framework for Strategic Sustainable Development lors d’une conférence introductive au programme de la Lab Session de l'Institut des Futurs Souhaitables en 2020. 

 

Tout de suite, cela fait mouche : "Je cherchais depuis longtemps quelque chose de scientifiquement ancré, qui soit unifiant, qui permette d'englober l'environnement et le social ". 

 

Le FSSD répond à ses attentes : une méthode avec du recul, utilisée depuis des années, porteuse en elle-même d'exigences, sans tomber sur un référentiel à 300 critères sur lesquels on se casse la tête à remplir des fichiers Excel et aussi sans tomber dans ce qu'il appelle "la religion de l'outil" - ces approches exclusives qui prétendent tout résoudre.

 

 

Une formation qui dépasse la méthode

 

Au printemps 2021, Pierre suit les formations initiation et praticien. Ce qu'il y trouve dépasse ses attentes initiales : "J'ai trouvé une formatrice qui était prête à ouvrir le capot et à partager ce qui faisait le cœur de ses 20 années d'expérience."

 

Au-delà de la méthode elle-même, il découvre un mentorat précieux pour son nouveau métier de consultant : comment répondre aux appels d'offres, structurer une offre, gagner en confiance. "C'était l’époque où je venais de démarrer mon activité. Pouvoir participer à des missions en compagnonnage a aussi été déterminant", confie-t-il. 

 

 

Avoir un langage commun pour des métiers différents


Pour Pierre, l'un des grands atouts du FSSD est sa capacité à créer un langage commun entre métiers différents. 

 

Il prend l'exemple parlant d'une entreprise de réparation ferroviaire : "Comment on fait pour que tout le monde aille dans le même sens quand il y a des mécaniciens, soudeurs, menuisiers, chaudronniers, informaticiens ?"

 

Face à la complexité des référentiels sectoriels - "un référentiel d'informaticien sur du numérique responsable, aura du mal à discuter avec un menuisier qui va parler de la nature du bois qu'il utilise" - le FSSD offre un niveau de transposition permettant le dialogue entre tous.

 

 

Une trame de fond omniprésente


Dans sa pratique professionnelle, Pierre intègre le FSSD de manière systématique: " Dès que je suis sur des sujets de transition, je l'utilise comme "un fond de raisonnement", une trame qui guide mes questions et analyses "


Les trois conditions environnementales et les cinq conditions sociales du FSSD constituent sa grille de lecture permanente, même s'il ne les nomme pas systématiquement d’emblée. 

 

 

Des applications concrètes et variées


Pierre détaille plusieurs cas d'usage révélateurs :

 

> La Convention des Entreprises pour le Climat. Il intègre subtilement les conditions de durabilité du FSSD dans le carnet de bord de la session "Entreprendre avec le vivant", permettant aux participants de découvrir progressivement cette approche systémique où "c'est le futur qui oriente l'activité présente et non le passé qui la conditionne".

 

L'accompagnement d'un syndicat de traitement des déchets. En 2025, Pierre accompagne un syndicat de traitement des déchets avec le FSSD "toujours en tête" dans le design du parcours : "Quand des citoyens, des professionnels sont là pour travailler sur les déchets, c'est un enjeu de salubrité publique. Le FSSD permet de partir d'une vision plus large. Pour moi, la salubrité publique aujourd'hui, c'est la santé humaine, mais c'est aussi la santé des vivants non humains et la préservation des écosystèmes."

Il élargit la perspective : "Comment les RIPers [ceux qui ramassent les poubelles] peuvent répondre à leurs besoins humains fondamentaux quand ils font des trucs que personne ne veut faire ? En permanence, j'avais les trois conditions environnementales et les cinq conditions de durabilité sociale en fond."
Le résultat ? "On a fait une boussole socio-écologique. La boussole est plus large que les 8 conditions du FSSD, mais dans la boussole que les gens ont pour savoir s'ils ne vont pas se prendre le mur, il y a le FSSD."

 

> La formation "Manager les transitions" pour 350 managers de la ville de Clermont-Ferrand. Face aux métiers extrêmement variés – restauration collective, accueil, installations sportives, immobilier, petite enfance .... - le FSSD offre une grille commune pour intégrer les enjeux sociaux et environnementaux dans chaque métier, sans perdre les spécificités de chacun.

 

> L'incubateur des industries culturelles et créatives. Avec les porteurs de projets entrepreneuriaux, Pierre utilise le FSSD dès la conception : "Quand je les attrape à ce moment-là, ça permet que ces enjeux sociaux et environnementaux soient inclus dans leur modèle entrepreneurial dès le début, et que ce ne soit pas un truc rajouté."
Les conditions sociales sont particulièrement pertinentes : "Le FSSD, par ses conditions sociales, leur permet d'enrichir leur discours. Quand on va voir un banquier et qu'on est issu de ce type de milieu, on peut avoir un a priori négatif. Le fait d'arriver avec un projet économique étoffé socialement, ça permet de verbaliser les ressorts de ce qu'on est en train de faire et de montrer la profondeur, le sens qu'on porte."

 

 

L'exigence comme boussole

 

Pierre reconnaît le caractère exigeant du FSSD, notamment sur le plan environnemental : "Dans l'absolu, je me dis que c'est presque impossible de répondre aux trois conditions environnementales du FSSD, tellement c'est exigeant." Mais c'est justement cette exigence qui en fait une "ligne qui va guider dans la durée".

 

Le volet social le passionne particulièrement, ancré dans sa philosophie "moins de biens, plus de liens". Comment répondre aux besoins humains fondamentaux de manière frugale et sobre, tout en permettant à chacun de vivre "une vie heureuse, pleine" ? Cette vision humaniste guide son action.

 

 

Pas d'estuaire sans source 


Sa métaphore préférée reste celle de la source et de l'estuaire : " Ici nous ne sommes pas très loin du Mont Gerbier des Joncs. On voit plus facilement l'estuaire à Saint-Nazaire de la Loire que la source. Le FSSD, c'est travailler à la source. On voit toujours mieux les estuaires que la source, mais s'il n'y a pas de source, il n'y a pas d'estuaire."

 

Pour convaincre ceux qui découvrent le FSSD, Pierre utilise une image forte : celle des hôtels qui proposent de garder ses serviettes pour économiser l'eau. "Ce standard mondial vient de Scandic Hotel, qui a fait bosser ses salariés après 1989. Et tout ça, c'est grâce au FSSD."

 

 

L’expérience de la tasse de café pour prendre en main la démarche


Le défi permanent de Pierre reste la vulgarisation : " Comment je le rends accessible à mes interlocuteurs et interlocutrices ?" 

 

Son outil favori ? Le cycle du café, "un invariant du monde professionnel" qui permet d'ancrer concrètement les préoccupations environnementales et sociales dans le quotidien de chacun.

 

 

Une approche pour aligner sans uniformiser


L'expérience de Pierre illustre parfaitement comment le FSSD peut être utilisé de manière flexible et adaptée et s'intégrer de multiples façons dans une pratique professionnelle.

 

Parfois visible et nommé, parfois sous-jacent et structurant, toujours au service d'un objectif : permettre à des métiers, des sensibilités et des expertises différentes de travailler ensemble des démarches de transitions structurantes et créatrices de valeur. 

 

Loin d'une application dogmatique, il montre que cette logique peut s’articuler à d'autres approches telles que les six portes du Campus de la Transition, le Circulab...

 

Pour Pierre Gérard, le FSSD n'est pas qu'un outil parmi d'autres : c'est une grille de lecture permanente qui structure sa pensée et son action, crée un cadre de référence commun suffisamment robuste pour guider l'action, mais assez souple pour s'adapter à la diversité des métiers et des situations.

 

Pour les professionnels de l'accompagnement qui cherchent à dépasser les référentiels à 300 critères et les fichiers Excel paralysants, le témoignage de Pierre trace une voie : celle d'un cadre exigeant mais accessible, scientifiquement ancré mais non dogmatique, qui peut se décliner du plus stratégique (une ville entière) au plus quotidien (une tasse de café).

 

Et si le FSSD était cette source que vous cherchez pour irriguer durablement vos pratiques professionnelles ?

 

Et si en 2026, vous choisissiez de vous former ou d'être accompagné par les praticiens FSSD-Players ?

 

 Parlons-en :-)

Comment l'hôpital de Lisieux a repositionné la transition écologique au cœur du soin

30/10/2025

Comment l'hôpital de Lisieux a repositionné la transition écologique au cœur du soin

De la contrainte carbone à une vision systémique engageante


L'histoire commence en 2023, lors d'une conférence au Moho où Caroline Gervais présente le FSSD. 


Noémie est immédiatement séduite : "La présentation était particulièrement dynamique et agréable. Donc, ça fait du bien pour ces sujets-là qui sont parfois un peu lourds, psychologiquement, intellectuellement."


Mais c'est surtout l'approche qui la marque : " Très systémique avec la possibilité de se positionner dans l'avenir et de travailler à partir de ce futur plus désirable."


Nicolas, confirme le souhait de l’équipe de travailler à "une vision plus large et du coup plus efficace et cohérente avec les enjeux" car "Finalement, le carbone, on fait un bilan carbone, on a les données et puis après, on applique des mesures mais c’est trop réducteur et peu engageant et signifiant pour nos collaborateurs."

 


Un outil simple aux résultats concrets


Pour Julian, l'enjeu était clair : "Il y a plein de discours différents et on voit qu'on n'arrive pas forcément à engager des démarches derrière." 


La méthode FSSD permet "une approche un peu différente de la transition écologique qui permet aux  agents de chaque filière de l’hôpital de trouver du sens et d’avoir envie d'agir."


L'équipe découvre rapidement que le FSSD "est relativement simple, son usage paraît être à la portée de tout le monde, même s’il ne réduit pas la complexité des sujets." 


Cette simplicité devient un atout pour "vulgariser et engager les personnes en ayant une méthode de travail qui est bien définie."


En moins de 4 mois, les participants élaborent une feuille de route stratégique qui fait consensus et est validée par les instances de gouvernance.


Nicolas témoigne : "Ce document redonne, je pense, du sens aussi au rôle de notre hôpital."

 

Découvrir la feuille de route ici et ici

 

"Un travail coopératif, très coopératif"


Pour Julian, l'approche collaborative fait la différence : "Ce n'est pas trois personnes qui font le cadre. C'est une bonne partie de l'établissement qui crée le cadre." 


Cette dimension collective change tout : "À la fin, il en ressort cette feuille de route bien définie, bien écrite, qui compile toutes les idées d'une bonne partie des personnes de l'établissement."


Noémie complète : "Pour faire vivre les choses, il faut engager le collectif. Et c'est vrai que cet outil-là nous permet de le faire."

 

Une méthode inclusive qui parle à tous


L'un des succès les plus remarquables concerne la participation et l’adhésion des équipes. 


Noémie observe : "Grâce au côté intuitif de la démarche, les ateliers se sont révélés très inclusifs : même les personnes peu sensibilisées à la transition ont apporté largement leurs idées et réflexions." 

 


Un cadre durable pour l'action quotidienne


Aujourd'hui, la feuille de route devient "le document sur lequel on peut se reporter pour chacune de nos actions", explique Julian, comme lors de la semaine du développement durable ou lors de la journée des référents : "La feuille de route a été le fil rouge pour animer toute la journée."


Fini de restreindre le sujet à : "Il faut trier les déchets, il faut trier les déchets".


La prochaine étape est maintenant : "Comment on outille les unités durables pour avoir le bon questionnement sur chacune des actions qu'on veut mettre en place."

 

Un même regard, pour les petits et les grands projets 


L'outil devient "indispensable et il va falloir que ça rentre en matière de routine dans nos démarches."


Un premier test passé avec succès concerne un projet d'investissement immobilier de 68 millions d'euros.

 

Nicolas raconte : "On a appliqué les critères, on a passé dans une grille de lecture le projet immobilier avec les critères du FSSD. Fort heureusement, tout a été validé positivement."


L'exercice révèle l'intérêt de la méthode : "L'intérêt de se poser des questions qu'on ne se pose pas en réalité, quand on décline un projet." 


La grille FSSD "nous force à se poser des questions, à y apporter une réponse la plus objective possible."

 

Prêt à franchir le pas pour votre organisation ?

 

Nicolas synthétise : "Regardez notre expérience, ça a produit un vrai résultat, dont nous sommes très satisfaits, avec une méthode relativement intuitive et on peut mesurer tout de suite le résultat."


L'expérience de l'hôpital de Lisieux démontre qu'il est possible de sortir du dilemme entre urgence écologique et contraintes organisationnelles : "ça montre la force de l'outil."


Le FSSD offre ce que Nicolas qualifie de "choix éclairé" : "On ne peut pas tout faire tout bien. Mais au moins, on sait ce qu'on ne traite pas."


Dans un contexte où les injonctions environnementales se multiplient, l'hôpital de Lisieux prouve qu'une approche systémique et collaborative peut transformer les contraintes en opportunités. 


Une leçon précieuse pour tous les acteurs en quête d'outils opérationnels pour réussir leur transition.


Et si c'était le cadre qui manquait à votre organisation pour passer à l'action ? Parlons-en !

Redonner le pouvoir d'agir : quand la méthode change tout

14/10/2025

Redonner le pouvoir d'agir : quand la méthode change tout


Le parcours d'un facilitateur en quête d'efficacité


Sébastien Bellet travaille sous le nom de Courant Alternatif, rattaché à la coopérative Créacop 14 à Caen. Après 13 ans à l'ADEME Normandie comme ingénieur sur les thématiques bâtiments et mobilité durable, il accompagne aujourd'hui organisations publiques et structures de l'ESS dans leur transition écologique. 


Sa spécificité ? "Je mets l'humain au cœur de mes accompagnements." 


Son objectif : "Faire monter en compétence les collectifs de travail pour qu'ils puissent s'emparer par eux-mêmes du sujet de la transition."


Pourtant, malgré une méthodologie construite "à partir des meilleures pratiques observées à droite à gauche", quelque chose manquait. Jusqu'à sa découverte du FSSD lors d'une conférence au Moho*.

 


La singularité : une approche par la source des impacts 


Lors de cette présentation : "J'ai vu quelque chose de très intégré, très transversal. Une capacité à avoir un regard 360° sur le sujet."


Mais c'est un concept précis qui provoque le déclic : "La question d'aller chercher les mécanismes sources de non-durabilité. Ça m'a fait un petit tilt dans ma tête. Ça fait des années qu'on court après les méthodes permettant de faire vraiment avancer les questions de développement durable, transition écologique. On s'intéresse aux impacts, et ça n'avance pas. Et là, on va aller chercher ce qu'il y a à la racine. Ce changement radical de perspective m’est apparu comme très intelligent !"

 


S’emparer de la complexité en toute simplicité


En se formant au FSSD**, Sébastien cherchait d'abord à "monter en compétence par rapport à la méthode." 


Deuxième motivation : s’approprier "un cadre de référence clair qui permet aux organisations de s'emparer du sujet et de devenir autonomes."


Ce qu'il a trouvé dépasse ses attentes : "La démarche est très complète et très outillée. A la sortie du parcours de formation, tu peux accompagner un groupe ou une structure de A à Z." 


Plus remarquable encore, il découvre une démarche "au final assez simple, dans le sens où elle accessible, facilement transmissible mais elle n’est pas simpliste ! "


Cette accessibilité n'exclut pas la profondeur : "Les personnes vont tout de suite comprendre la mécanique et, à force de l'utiliser, elles vont pouvoir entrer petit à petit dans le détail."

 


"Tu donnes du pouvoir d'agir aux personnes"


L'impact le plus significatif concerne ce que Sébastien appelle "l'effet cocktail" : "Tu donnes du pouvoir d'agir aux personnes. Il y a tellement de démarches autour de ces sujets-là qui peuvent être plombantes. Mais là, à chaque fois, je vois comment cela redonne du pouvoir d'agir, qui redonne de la confiance, qui donne de l'espoir."


Comparé aux approches classiques par les impacts ou les 17 ODD (Objectifs de Développement Durables), le FSSD change radicalement l'énergie du groupe : "Quand on travaille à partir des mécanismes sources***, ça aide à prioriser, à identifier les dépendances. Tu identifies vraiment là où tu es vulnérable, dans ton périmètre d'action à toi."


Cette approche transforme la capacité d’action : "Oui, bien sûr, les transformations à mener ne sont pas simples, mais les participants partent toujours avec beaucoup d'énergie et d'enthousiasme. Ils se rendent compte que le prochain pas, il est atteignable. Ça leur donne envie d'y aller."


Le contraste avec les approches par les impacts est frappant : "C'est un peu la différence entre une approche classique avec un ingénieur bureau d'études où on te livre un truc, un rapport, mais ce n’est pas « le tien ». Tandis qu'avec le FSSD, tu dois faire par toi-même. Tu es obligé de te regarder. Tu as un effet miroir qui te met en mouvement."

 


Une boussole pour l'ingénierie d'accompagnement


Le FSSD a permis à Sébastien de "consolider mes propositions méthodologiques, les parcours que je propose. Ça m'a permis de faire le tri dans les outils que j'utilisais pour avoir quelque chose qui est plus net, plus clair, plus direct."


L'outil structurant ? La démarche ABCD*** : "Quatre étapes que tu ne vas pas forcément traiter toujours dans le même ordre, pas toujours avec la même intensité. Moi, ça m'aide à structurer chacune de mes interventions. Même si c'est une intervention d'une heure, il y aura un ABCD dedans."


Cette structuration apporte une efficacité nouvelle face à la demande constante des clients : "Tu as des clients qui te demandent de tout résoudre en un minimum de temps. Là tu identifies rapidement ce qui est incompressible et efficace."

 


Deux outils maîtres pour révéler et mobiliser


Dans sa pratique, Sébastien identifie deux moments particulièrement puissants.

 

Premier outil révélateur : "La cartographie de son activité, passée au crible des 8 conditions du FSSD***. Prendre du temps là-dessus et bien le débriefer. C'est un outil super puissant. J'ai vu plusieurs responsables d'organisation dire après : « il faut qu'on change »."


Deuxième levier d'engagement : "L'étape de création de la vision***. Comment est-ce qu'on travaille sur un futur souhaité qui ne soit pas de la science-fiction décorrélée de toutes les contraintes ? Une utopie réaliste. Ce que propose le FSSD, c'est cadrant et ça permet d'avoir des visions à la fois qui parlent et qui motivent."

 


Une collectivité qui construit son référentiel commun


Premier cas d'application : une collectivité qui lance un projet de territoire pour "rebalayer l'ensemble de ses politiques publiques" à horizon 2035-2050. Le défi : "Comment est-ce qu'on va créer de la transversalité entre le service petite enfance, le service espace vert, le service mobilité, le service bâtiment ?"


La solution : "Il faut que chacun puisse avoir un référentiel commun. Et ce référentiel commun, on va le construire à partir des 8 conditions***."

 


Un centre social qui renforce son argumentaire


Deuxième illustration : un centre social qui contacte Sébastien : "Nous, la transition écologique, on n'y connaît pas grand-chose, mais on comprend que notre public, ça va être le premier touché par les questions énergétiques, climatiques."


Trois jours d'accompagnement transforment leur approche.  Ces moments sont un vecteur d'apprentissage très concret pour tout le monde.


Par exemple, ils étaient confrontés à un bras de fer avec la mairie pour rénover leur bâtiment, "à travers l'approche transversale du FSSD, ils se sont construits un argumentaire pour retourner voir les élus, qui était beaucoup plus costaud. "


" Ils sortent de l'approche 'on va demander des sous' avec le seul angle de l’énergie et quasiment, en face de chaque condition***, ils développent des arguments précis pour le projet."

 


Des redirections écologiques inattendues


Dans ses accompagnements DLA (Dispositif local d'accompagnement) pour les structures de l'ESS, Sébastien observe également des transformations profondes. 


Les participants arrivent souvent avec des préoccupations limitées : "Comment je vais faire pour consommer moins d'eau pour laver les maillots, mieux recycler mes ballons, faire le tri du papier ?"


L'étape de cartographie selon les 8 conditions*** provoque des prises de conscience : "Plusieurs fois, j'ai vu des structures se dire : on ne peut pas continuer comme ça. Il faut vraiment qu'on se réoriente et qu'on fasse autre chose."


Exemple marquant : une structure de vente par correspondance de produits de seconde main, entièrement dépendante d'Amazon. "Ils sont venus avec « comment on améliore nos performances environnementales ». Ils sont repartis en se demandant « en combien d'étapes peut-on se libérer de ces grandes plateformes ? »."


Cette redirection touche le cœur d'activité : "Tu ne traites pas la périphérie des trucs. Là, du coup, tu crées la valeur."

 


Une méthode robuste et adaptable


La force du FSSD pour Sébastien réside dans sa robustesse : "Ça me donne une sorte de référentiel, des étapes clés, des jalons. C'est une sorte de boîte à outils, mais plus que ça, parce qu'elle est organisée, elle me donne un fil rouge."


Cette solidité se vérifie dans les contextes mouvants : "J'accompagne une collectivité qui a changé trois fois de sujet. Et moi, je ne suis pas perdu. C'est eux qui sont compétents. Moi, je suis le garant de la méthode et des étapes. S'ils veulent changer le sujet thématique, ça ne me pose aucun problème."


L'approche repositionne le rôle du facilitateur : "C'est une forme d'expertise, mais qui est l'expertise de la méthode, de la définition de l'endroit où il faut aller et de comment il faut regarder."

 


Le conseil d'un praticien


À ceux qui hésiteraient, Sébastien répond sans détour : "Il faut se former. Cela permet de le tester parce que juste en lisant des ressources ça reste un peu théorique tant que tu ne l'as pas fait toi-même."


Lui-même a mis du temps à franchir le pas : "J'étais en lancement d'activité, je n'avais pas le temps ni la trésorerie. Je me disais, est-ce que ça va vraiment m'apporter quelque chose de plus ? Est-ce que ça ne va pas être une théorie en plus ? Et c'est en faisant que tu te rends compte de l'efficacité de cette logique."


Son expérience démontre que le FSSD n'est pas une méthode de plus dans un paysage déjà saturé. C'est un cadre qui amplifie, structure et rend accessibles les démarches de transitionUn outil qui transforme l'accompagnement en redonnant aux organisations leur pouvoir d'agir, dans leur périmètre, à leur rythme, avec leurs propres mots.

 


Franchir le pas et rejoindre les FSSD-Players


Pour les accompagnateurs comme pour les organisations, le constat de Sébastien est clair : l'efficacité se mesure dans la pratique, pas dans la théorie. Un investissement qui, selon son témoignage, a consolidé des années de pratique en seulement 6 jours de formation. De quoi transformer non seulement votre boîte à outils, mais surtout votre capacité à générer de véritables redirections écologiques.

 


Prêt à franchir le pas ? Les formations FSSD-Initiation et FSSD-Praticien sont là pour vous ainsi que la communauté de praticiens qui, comme Sébastien, ont choisi d’adresser le sujet à la racine plutôt que de courir après les impacts.

 

 

* Replay de cette conférence avec à la programmation Sébastien Bellet (A partir min 12) et Caroline Gervais introduisant le FSSD (A partir de min 27 :50)

** Sébastien a suivi les formations FSSD-Initiation (3 jours en 6 modules sur 3 semaines, groupe de 8 maximum) & FSSD-Praticien (3 jours en 6 modules sur 8 semaines, groupe de 6 maximum) et est actif au sein de la communauté de pratiques des FSSD-Players


*** Ces éléments sont constitutifs du FSSD et sont à « appeler » dans les ingénieries d’accompagnement en fonction des contextes.

"Voulez-vous être des ancêtres ?" - Yamina Saheb et l'urgence de la sobriété choisie

07/10/2025

"Voulez-vous être des ancêtres ?" - Yamina Saheb et l'urgence de la sobriété choisie

Au-delà de la qualité de l'échange, ce qui m'a particulièrement intéressée, c'est de revenir sur les origines du mot "sobriété" – un terme que l'on a entendu dans la bouche d'Emmanuel Macron en septembre 2022, lorsqu'il déclarait : "Le deuxième élément clé de cette stratégie pour passer l'hiver, c'est de sauver l'énergie que nous pouvons sauver : c'est la sobriété énergétique". 

 

Mais comme l'explique magistralement la chercheuse, cette récupération politique a vidé le concept de sa substance philosophique originelle : une théorie de justice distributive.


Ce qui m'a également frappé, c'est la résonnance entre sa vision de la sobriété et le Framework for Strategic Sustainable Development (FSSD) – cette méthodologie de planification stratégique vers la durabilité développée en Suède depuis les années 1990.

 

Les deux approches partagent une même logique : partir des principes fondamentaux et des limites planétaires pour "backcaster" (planifier à rebours depuis un futur préféré/soutenable) plutôt que de simplement projeter nos pratiques actuelles en les verdissant. Tous deux placent l'équité sociale au cœur de la transformation écologique et refusent les fausses solutions technologiques.


Vous pourrez lire ici une synthèse qui tente de respecter la force de son propos et ses questions percutantes. Mais je vous invite vivement à prendre le temps d'écouter l'intégralité de cet entretien.

 


"Quand on n'aura plus à manger, la sobriété s'imposera à nous"


Yamina Saheb entre directement dans le vif du sujet avec cette tension fondamentale : "Sans sobriété, il n'y aura pas de transition possible" et cet avertissement glaçant que "quand on n'aura plus à manger, la sobriété s'imposera à nous."


Pour elle, la sobriété n'est pas une privation mais "un levier systémique, collectif et juste". Mais attention, prévient-elle d'emblée, il faut comprendre d'où vient ce concept pour éviter les malentendus.

 


L'histoire méconnue : de la Grèce antique à Bercy


"La sobriété n'est pas un concept nouveau", explique la chercheuse. On en trouve des traces dans les écrits grecs et romains.

 

Cependant l'histoire moderne de la sobriété commence vraiment avec un philosophe américain, Harry Frankfurt, qui développe ce qu'il appelle le "sobriétisme" - "une théorie de justice distributive pour garantir que chacun a suffisamment, a ce minimum" pour bien vivre.


Puis vient un détail fascinant que peu connaissent : "La France est le premier pays au monde à avoir connu un premier scénario de sobriété énergétique". C'était en 1979, développé par des fonctionnaires du Trésor - "Vous imaginez les gens de Bercy qui développent un scénario de sobriété énergétique !"


Mais ce scénario n'a jamais vu le jour. Pourquoi ? "Quand ils ont fini leur travail, c'était le moment où on avait lancé le parc nucléaire. Et donc, on était sortis de la crise pétrolière". On considérait qu'on n'avait plus de problèmes énergétiques.

 


Le voyage franco-allemand des idées


L'histoire continue avec un aller-retour fascinant entre la France et l'Allemagne.

 

Dans les années 90, Wolfgang Sachs, un chercheur allemand travaillant sur la transition énergétique, fait des calculs et arrive à cette conclusion : "La transition énergétique allemande ne pourra pas se faire uniquement avec de l'efficacité et du renouvelable. Il faut autre chose."


Cette "autre chose", il l'appelle "sufficiency". Mais bizarrement, "ça n'a pas volé haut en Allemagne, par contre cela a traversé la frontière française et c'est tombé dans les oreilles des personnes qui ont créé l'association Négawatt".


Et c'est là que Yamina Saheb pointe un problème fondamental : "La sobriété est arrivée chez nous par la plus mauvaise porte possible, qui est celle de la comptabilité des kilowattheures. Alors que la sobriété en philosophie, c'est une théorie de justice distributive."

 


"Moi, je n'ai pas besoin d'une voiture"


Pour expliquer la différence entre efficacité et sobriété, la chercheuse prend l'exemple parlant de la mobilité : "Moi, citoyenne, je n'ai pas besoin d'une voiture. Moi, j'ai un besoin de mobilité. Mon besoin de mobilité, c'est d'aller d'un point A à un point B à un instant T."


Le problème ? "Dès qu'on parle mobilité, d'ailleurs on n'utilisait pas le mot mobilité jusqu'à récemment, on utilisait le mot transport, et donc les gens pensent voiture".

 

On s'est focalisé sur la solution technologique existante au lieu de partir du besoin.


Et ça pose un problème concret : "Si par exemple on devait remplacer le stock des voitures qui existent aujourd'hui en Europe, par un stock de voitures électriques, il n'y aurait pas suffisamment de ressources dans le monde pour les construire."

 


Les besoins versus leurs satisfactions : leçon d'un économiste Chilien


Yamina Saheb fait référence à Manfred Max-Neef*, cet économiste chilien qui a révolutionné la pensée sur les besoins : " Il est allé utiliser l'anthropologie pour comprendre comment est-ce que les besoins sont définis."


Max-Neef distingue les besoins - qui sont universels - et les "satisfacteurs", les façons de répondre à ces besoins. "Il explique que l'économie telle qu'on la connaît dans le monde moderne, elle focalise sur les flux, elle focalise sur la fin. Alors qu'en vérité, elle ne regarde pas du tout le début."

 


Le surdimensionnement occidental


Cette approche par les flux nous aveugle sur une réalité cruciale : "Dans le monde occidental, par exemple, dans tous les pays de l'OCDE, les infrastructures que nous avons sont surdimensionnées par rapport à nos besoins."


Exemple frappant : "On a des sans-logements, et ça, ça ne devrait pas exister dans les pays de l'OCDE, parce qu'on est en surdimensionnement en termes de logements. On a beaucoup trop de logements, on a plein de logements qui sont inoccupés."

 


"On ne peut pas tricher avec la nature"


Alors comment sortir de la logique extractiviste de la croissance verte ? La chercheuse se veut optimiste : "Je pense que j'essaie d'être positive par rapport à la crise climatique, et je me dis qu'en fait, on ne peut pas tricher avec la nature."


"Jusqu'à présent, on a réussi à s'en sortir parce que c'était entre humains seulement. Donc, on a dominé les autres. On a imposé au reste du monde notre modèle. Sauf que là, c'est un peu comme quand le corps humain a de la fièvre. Vous êtes obligé de vous reposer."

 


Le budget carbone : un gâteau qu'on a déjà trop entamé


Pour expliquer l'urgence, elle utilise une métaphore saisissante : "Le budget carbone, pour comprendre ce que c'est, c'est comme un gâteau. On a déjà mangé un peu plus des trois quarts, il reste à peu près un quart jusqu'à la fin."


Et cette contrainte change tout : "On se retrouve dans une situation où on est pour la première fois dos au mur. Et pour la première fois, la solution, elle doit être pour tout le monde ou alors pour personne."


Crucial à comprendre : "L’objectif de 1,5°C, ce n'est pas un objectif politique, c'est une contrainte physique de la planète."


Mais que font les politiques ? "En fait, si je reviens au budget carbone, c'est un gâteau, il ne reste plus qu'un quart. Mais nous, ce qu'on a décidé c’est de manger encore trois quarts, alors qu'il ne reste qu'un quart. Ce n'est pas possible."


Si on prenait vraiment en compte cette contrainte physique et l'équité : "L'Union européenne devrait être neutre en carbone autour de 2030" et non 2050.

 


Le CCS : "la plus grosse arnaque vis-à-vis de nos enfants"


Face à cette impossibilité mathématique, les politiques inventent des solutions technologiques.

 

La chercheuse est cash : "Le CCS, le captage et le stockage du carbone, c'est la plus grosse arnaque vis-à-vis de nos enfants qu'on ait pu penser."


"Plus de 500 millions d'euros entre maintenant et 2050, d'argent public qui va aller vers cette arnaque."

 


"Voulez-vous être des ancêtres ?"


" Quand j'interviens dans des conférences, je pose souvent la question : est-ce que vous voulez être des ancêtres ?"

 

"En général, c'est le silence."


Puis elle assène la réalité : "Mon fils qui est né en 2020, il n'a pratiquement aucune chance d'atteindre l'âge de sa grand-mère qui approche les 80 ans."


Et pour ceux qui seraient tentés par l'égoïsme : "Si vous faites partie des actifs, vous partirez de la planète Terre très très tôt, par rapport à nos parents, et dans de très mauvaises conditions. Parce qu'il ne suffit pas de partir de la planète Terre, c'est pas juste le fait de partir, le vrai sujet c'est dans quelles conditions partir de la planète Terre."

 


Du consommateur au citoyen : reprendre le pouvoir


Mais comment en est-on arrivé là ?  "L'école de Chicago, qui était sous l'influence de l'école autrichienne (...)  a gommé le citoyen et l’a remplacé par le consommateur et le consommateur souverain."


"Autrefois, nous étions des usagers de la RATP. Aujourd'hui, nous sommes des clients de la RATP. Ce n'est pas la même chose. Parce que quand on est usager, on discute et on décide ensemble de nos droits et devoirs. Quand on est client, c'est la carte bancaire qui décide."

 


La sobriété : "principe d'organisation de la société"


C'est pourquoi "la sobriété, c'est une réappropriation de notre citoyenneté".

 

En sociologie, "la sobriété, elle est décrite comme étant un principe d'organisation de la société".


"Et c'est pour ça que quand certains me disent, oui, mais c'est la dictature, la sobriété, etc., et bien non, elle ne pourra advenir que dans les sociétés démocratiques, parce que c'est un principe d'organisation de la société, donc il doit être discuté avec les citoyens."

 


Justice sociale : les premiers bénéficiaires


Yamina Saheb démonte l'idée que la sobriété serait punitive pour les classes populaires : "Les premiers bénéficiaires de la sobriété, ce sont les personnes vulnérables, quel que soit le type de vulnérabilité."


"Si on avait eu des politiques de sobriété, on n'aurait pas eu de précarité, qu'elles soient énergétiques, alimentaires ou quoi que ce soit."


Et qui s'y oppose vraiment ? "Ceux qui seraient contre, ceux qui sont contre la sobriété, c'est les 1% les plus riches. Mais en gros, on s'en fout des 1% les plus riches. Il faut juste qu'on reprenne le pouvoir."

 


L'alternative structurelle : changer les infrastructures


"La sobriété ne porte pas sur le comportement des individus", insiste-t-elle. "Vous ne pouvez rien faire en tant qu'individu si vous n'avez pas les infrastructures qu'il vous faut."


L'exemple du Vélib est parlant : "Avant d'avoir le Vélib, avant d'avoir les pistes cyclables et le Vélib, les parisiens n'utilisaient pas le vélo. Aujourd'hui, à 19 heures, sur les grands boulevards parisiens où on a des pistes de vélos sécurisées, il faut faire la queue pour passer."


"Ces infrastructures-là, elles sont arrivées comment ? Par le politique. Par le citoyen."

 


Un État stratège qui prend en compte les limites planétaires


La chercheuse appelle à "un État stratège qui prend en compte les limites planétaires, parce que l'État stratège tel qu'on l'a connu, c'est un État extractiviste".


"La nouveauté, qui est en même temps un défi pour le politique d'aujourd'hui, c'est justement l'obligation morale, intellectuelle, que nous avons tous de prendre en compte la question des limites planétaires."

 


"Comment fédérer tous ces mouvements ?"


Face à l'urgence et à la recherche de solutions concrètes, elle a créé le Laboratoire Mondial des Sobriétés avec trois objectifs : "former, informer, s'organiser".


Mais elle reconnaît une limite : "Ce que je n'ai pas encore trouvé dans la littérature scientifique, mais peut-être que ça existe dans la littérature non scientifique, c'est comment fédérer. Tous ces mouvements-là qui existent, toutes ces petites initiatives à droite à gauche, les fédérer pour en faire une qui changerait l'Union européenne."

 


Le pouvoir du vote : "il ne faut surtout pas se tromper"


Sa conviction profonde : "Dans les démocraties, on a un pouvoir en tant que citoyen. Mais on ne se saisit pas de notre pouvoir parce que nous sommes enfermés dans le monde consumériste."


"Si vous regardez dans votre journée, si vous notez pendant une semaine ce que vous avez fait tous les jours, vous allez voir que vous aurez fait au moins 90% de vos actions sont des actions de consommation (...) il faut qu'on fasse tous l'inverse."


Et concrètement : "Pour avoir les infrastructures, vous individus, ce que vous pouvez faire, c'est d'aller voter et de bien voter. Il ne faut surtout pas se tromper quand on va voter."

 


"Soit on s'en sort tous, soit c'est rien"


L'alternative est claire : "Soit on réfléchit, enfin, on se met à réfléchir en considérant que la planète Terre, c'est un village (...) Et à ce moment-là, on se donne une chance de nous en sortir. Soit on continue dans le modèle actuel et on va parler de croissance verte, etc. Et à ce moment-là, c'est la fin pour tout le monde."


"Ce qu'on doit garder en tête, c'est : soit on s'en sort tous, soit c'est rien. C'est pas que les plus riches d'entre nous vont s'en sortir. Ça n'existe pas."

 


"La vie sur Terre est le plus beau cadeau"


Malgré la gravité du constat, Yamina Saheb reste portée par un espoir profond : "Je crois dur comme fer que la vie sur Terre, c'est le plus beau cadeau que l'humanité a eu. Et ça, c'est un combat qui me motive."


"J'aimerais bien que mon fils soit adulte et que je puisse discuter avec lui et lui dire que c'était dur, mais qu'on a réussi."


La sobriété telle qu’elle la conçoit n'est pas une austérité mais "une forme de liberté retrouvée", la seule voie pour éviter que nos enfants héritent d'une planète inhabitable.

 

 

Et maintenant ? Des pistes d'actions !

 


Comme le dit Yamina Saheb : "soit on s'en sort tous, soit c'est rien."

 

Écoutez l'entretien complet (1h30) : Podcast Adrastia

 

Découvrez le Laboratoire Mondial des Sobriétés

 

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* Les travaux de Manfred Max-Neef sur les besoins ont constitué jusqu'en 2015 la partie sociale de mécanismes-sources du FSSD. Depuis, nous nous appuyons toujours sur ses travaux pour travailler la vision et le futur souhaité des projets que nous accompagnons. Nous y reviendrons dans un prochain article. 

Accompagner la transition au coeur des métiers : du bricolage méthodologique au cadre structurant

22/09/2025

Accompagner la transition au coeur des métiers : du bricolage méthodologique au cadre structurant

Cinq professionnels, une même quête 


Sans langue de bois, ils expriment leurs vrais blocages, ce qui leur manque.


Florence accompagne les organisations de l'ESS depuis des années, et cherche « un socle méthodologique solide » pour intégrer authentiquement la transition écologique. 


Pierre et Anastasia, cofondateurs d'Eco-morphose, veulent « un cadre dans lequel agir » plutôt que d’en inventer un à chaque fois. 


Salomé pilote des projets européens et se heurte au problème classique : L'approche technique, sans vision systémique, crée « des contradictions, des paradoxes ».


Laetitia, consultante RSE, partage que quand elle parle soutenabilité du modèle d'affaires avec ses clients TPE/PME, « ils font d'abord des grands yeux : ils s'attendent plutôt à parler impacts négatifs et écogestes, c'est la place qu'ils donnent à la RSE. »

 


De la frustration à l'appropriation

 

Dès le 4e module, alors que chacun commence à projeter l'usage du FSSD dans son contexte, un basculement s’opère.


Florence trouve un « cadre méthodologique solide pour composer des accompagnements sur mesure ».


Pierre sait désormais comment « légitimer ce qu'on va faire [...] sur une structure qui a déjà été éprouvée ».


Salomé voit comment « sécuriser la dimension pleine durabilité » de ses projets.


Laetitia dispose « d'éléments de langage qui vont intéresser et faire bouger les dirigeants ».

 


Des projections pour concrétiser très rapidement


Au 6e module, tous ont partagé les applications concrètes programmées- On en reparlera bientôt ici !


Florence : présentation au réseau CJD + accompagnements ESMS envisagés,


 Pierre & Anastasia : RDV directeur général collectivité + sollicitation d'une équipe de recherche, 


Salomé : transformation du guide méthanisation + déploiement réseau territoire,


Laetitia : articulation ISO 26000/VSME + co-construction d'un atelier d'acculturation à la méthode FSSD pour déploiement auprès de clients, de syndicats professionnels et d'étudiants.

 


Plugger les intelligences pour VRAIMENT avancer !


Ce qui ressort clairement pour tous, c'est que le FSSD n'est pas une méthode de plus. 


C'est un basique qui permet de traiter les problèmes à la source plutôt que d’agir sur les symptômes. 


C’est aussi un moyen de « plugger les intelligences » au lieu de subir les « décalages d'expertise, décalages de regard, de perception du sujet. »


S’emparer du FSSD c’est nourrir concrètement sa capacité d'action ; exit le sentiment d'illégitimité, place à l'action structurée.


 C'est exactement là que se joue la redirection vers des sociétés à prospérité renouvelée : quand des professionnels s'emparent de cette logique dans leur univers métier et activent des transformations structurelles.


Pierre avait raison l'année dernière : « Le FSSD, c'est une démarche tout terrain. »


La cohorte 10 l'a encore démontré : 5 participants, 4 secteurs, des applications immédiates. Tous cherchaient un socle méthodologique solide, tous peuvent maintenant l'activer dans leur contexte.

 


Et vous ? Prêt à rejoindre les FSSD-Players ? 


Le backlash sur la RSE et les transitions socio-écologiques n'est pas la fin du sujet. 


Outillez-vous pour le porter d'une manière opérationnelle auprès de vos interlocuteurs ! 
 
Formation FSSD-Initiation : 6 modules de 3h30 sur 3 semaines, 8 places maximum par session. Prochaines sessions.

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