29/01/2026
Un parcours atypique au service d'un monde plus juste
À 58 ans, Pierre Gérard incarne la richesse des parcours professionnels non linéaires. Ingénieur agricole de formation, journaliste pendant dix ans, puis banquier pendant dix-huit ans, il a créé en 2020 son entreprise de conseil "Regards Mêlés". Un nom qui résonne avec son histoire personnelle mais surtout avec sa philosophie : mélanger les matières, les sujets et les points de vue pour révéler un monde plus juste et vivable.
Sa mission aujourd'hui ? Aider les équipes et les organisations à intégrer les enjeux de transition environnementale et sociale au cœur de leur activité « pour éviter de se prendre le mur des perturbations qui s'annoncent », explique-t-il avec conviction.
La découverte du FSSD : chercher l'unification entre environnement et social
Pierre découvre le Framework for Strategic Sustainable Development lors d’une conférence introductive au programme de la Lab Session de l'Institut des Futurs Souhaitables en 2020.
Tout de suite, cela fait mouche : "Je cherchais depuis longtemps quelque chose de scientifiquement ancré, qui soit unifiant, qui permette d'englober l'environnement et le social ".
Le FSSD répond à ses attentes : une méthode avec du recul, utilisée depuis des années, porteuse en elle-même d'exigences, sans tomber sur un référentiel à 300 critères sur lesquels on se casse la tête à remplir des fichiers Excel et aussi sans tomber dans ce qu'il appelle "la religion de l'outil" - ces approches exclusives qui prétendent tout résoudre.
Une formation qui dépasse la méthode
Au printemps 2021, Pierre suit les formations initiation et praticien. Ce qu'il y trouve dépasse ses attentes initiales : "J'ai trouvé une formatrice qui était prête à ouvrir le capot et à partager ce qui faisait le cœur de ses 20 années d'expérience."
Au-delà de la méthode elle-même, il découvre un mentorat précieux pour son nouveau métier de consultant : comment répondre aux appels d'offres, structurer une offre, gagner en confiance. "C'était l’époque où je venais de démarrer mon activité. Pouvoir participer à des missions en compagnonnage a aussi été déterminant", confie-t-il.
Avoir un langage commun pour des métiers différents
Pour Pierre, l'un des grands atouts du FSSD est sa capacité à créer un langage commun entre métiers différents.
Il prend l'exemple parlant d'une entreprise de réparation ferroviaire : "Comment on fait pour que tout le monde aille dans le même sens quand il y a des mécaniciens, soudeurs, menuisiers, chaudronniers, informaticiens ?"
Face à la complexité des référentiels sectoriels - "un référentiel d'informaticien sur du numérique responsable, aura du mal à discuter avec un menuisier qui va parler de la nature du bois qu'il utilise" - le FSSD offre un niveau de transposition permettant le dialogue entre tous.
Une trame de fond omniprésente
Dans sa pratique professionnelle, Pierre intègre le FSSD de manière systématique: " Dès que je suis sur des sujets de transition, je l'utilise comme "un fond de raisonnement", une trame qui guide mes questions et analyses ".
Les trois conditions environnementales et les cinq conditions sociales du FSSD constituent sa grille de lecture permanente, même s'il ne les nomme pas systématiquement d’emblée.
Des applications concrètes et variées
Pierre détaille plusieurs cas d'usage révélateurs :
> La Convention des Entreprises pour le Climat. Il intègre subtilement les conditions de durabilité du FSSD dans le carnet de bord de la session "Entreprendre avec le vivant", permettant aux participants de découvrir progressivement cette approche systémique où "c'est le futur qui oriente l'activité présente et non le passé qui la conditionne".
> L'accompagnement d'un syndicat de traitement des déchets. En 2025, Pierre accompagne un syndicat de traitement des déchets avec le FSSD "toujours en tête" dans le design du parcours : "Quand des citoyens, des professionnels sont là pour travailler sur les déchets, c'est un enjeu de salubrité publique. Le FSSD permet de partir d'une vision plus large. Pour moi, la salubrité publique aujourd'hui, c'est la santé humaine, mais c'est aussi la santé des vivants non humains et la préservation des écosystèmes."
Il élargit la perspective : "Comment les RIPers [ceux qui ramassent les poubelles] peuvent répondre à leurs besoins humains fondamentaux quand ils font des trucs que personne ne veut faire ? En permanence, j'avais les trois conditions environnementales et les cinq conditions de durabilité sociale en fond."
Le résultat ? "On a fait une boussole socio-écologique. La boussole est plus large que les 8 conditions du FSSD, mais dans la boussole que les gens ont pour savoir s'ils ne vont pas se prendre le mur, il y a le FSSD."
> La formation "Manager les transitions" pour 350 managers de la ville de Clermont-Ferrand. Face aux métiers extrêmement variés – restauration collective, accueil, installations sportives, immobilier, petite enfance .... - le FSSD offre une grille commune pour intégrer les enjeux sociaux et environnementaux dans chaque métier, sans perdre les spécificités de chacun.
> L'incubateur des industries culturelles et créatives. Avec les porteurs de projets entrepreneuriaux, Pierre utilise le FSSD dès la conception : "Quand je les attrape à ce moment-là, ça permet que ces enjeux sociaux et environnementaux soient inclus dans leur modèle entrepreneurial dès le début, et que ce ne soit pas un truc rajouté."
Les conditions sociales sont particulièrement pertinentes : "Le FSSD, par ses conditions sociales, leur permet d'enrichir leur discours. Quand on va voir un banquier et qu'on est issu de ce type de milieu, on peut avoir un a priori négatif. Le fait d'arriver avec un projet économique étoffé socialement, ça permet de verbaliser les ressorts de ce qu'on est en train de faire et de montrer la profondeur, le sens qu'on porte."
L'exigence comme boussole
Pierre reconnaît le caractère exigeant du FSSD, notamment sur le plan environnemental : "Dans l'absolu, je me dis que c'est presque impossible de répondre aux trois conditions environnementales du FSSD, tellement c'est exigeant." Mais c'est justement cette exigence qui en fait une "ligne qui va guider dans la durée".
Le volet social le passionne particulièrement, ancré dans sa philosophie "moins de biens, plus de liens". Comment répondre aux besoins humains fondamentaux de manière frugale et sobre, tout en permettant à chacun de vivre "une vie heureuse, pleine" ? Cette vision humaniste guide son action.
Pas d'estuaire sans source
Sa métaphore préférée reste celle de la source et de l'estuaire : " Ici nous ne sommes pas très loin du Mont Gerbier des Joncs. On voit plus facilement l'estuaire à Saint-Nazaire de la Loire que la source. Le FSSD, c'est travailler à la source. On voit toujours mieux les estuaires que la source, mais s'il n'y a pas de source, il n'y a pas d'estuaire."
Pour convaincre ceux qui découvrent le FSSD, Pierre utilise une image forte : celle des hôtels qui proposent de garder ses serviettes pour économiser l'eau. "Ce standard mondial vient de Scandic Hotel, qui a fait bosser ses salariés après 1989. Et tout ça, c'est grâce au FSSD."
L’expérience de la tasse de café pour prendre en main la démarche
Le défi permanent de Pierre reste la vulgarisation : " Comment je le rends accessible à mes interlocuteurs et interlocutrices ?"
Son outil favori ? Le cycle du café, "un invariant du monde professionnel" qui permet d'ancrer concrètement les préoccupations environnementales et sociales dans le quotidien de chacun.
Une approche pour aligner sans uniformiser
L'expérience de Pierre illustre parfaitement comment le FSSD peut être utilisé de manière flexible et adaptée et s'intégrer de multiples façons dans une pratique professionnelle.
Parfois visible et nommé, parfois sous-jacent et structurant, toujours au service d'un objectif : permettre à des métiers, des sensibilités et des expertises différentes de travailler ensemble des démarches de transitions structurantes et créatrices de valeur.
Loin d'une application dogmatique, il montre que cette logique peut s’articuler à d'autres approches telles que les six portes du Campus de la Transition, le Circulab...
Pour Pierre Gérard, le FSSD n'est pas qu'un outil parmi d'autres : c'est une grille de lecture permanente qui structure sa pensée et son action, crée un cadre de référence commun suffisamment robuste pour guider l'action, mais assez souple pour s'adapter à la diversité des métiers et des situations.
Pour les professionnels de l'accompagnement qui cherchent à dépasser les référentiels à 300 critères et les fichiers Excel paralysants, le témoignage de Pierre trace une voie : celle d'un cadre exigeant mais accessible, scientifiquement ancré mais non dogmatique, qui peut se décliner du plus stratégique (une ville entière) au plus quotidien (une tasse de café).
Et si le FSSD était cette source que vous cherchez pour irriguer durablement vos pratiques professionnelles ?
Et si en 2026, vous choisissiez de vous former ou d'être accompagné par les praticiens FSSD-Players ?
FSSD Players 2024 - Tous droits réservés I Mentions légales
FSSD Players 2024 - Tous droits réservés I Mentions légales